Souvenir de Blue Dragon sur XBox 360 (retro)


Blue Dragon est un titre qui fut très attendu sur XBox 360 et Microsoft avait placé en ce jeu beaucoup d’espoir (notamment pour conquérir des joueurs au Japon). Développé par le studio Mistwalker, Blue Dragon a en effet suscité un très fort engouement chez les joueurs et plus particulièrement chez les amateurs de Role Playing Game. Mais pourquoi un jeu développé par un jeune studio intéresse-t-il autant les « games » ? A cela, plusieurs réponses… Commençons en signalant que le réalisateur, qui est également le producteur du jeu, n’est autre que Hironobu Sakaguchi. Inconnu pour certains, vénéré par d’autres, Sakaguchi est le créateur de la saga des Final Fantasy. Pour lui, tout a commencé en 1983, année à laquelle il intègre Squaresoft. 4 ans plus tard, sa société, au bord de la faillite, lui permet de réaliser un dernier jeu : Final Fantasy. Le succès est alors au rendez-vous et Squaresoft sort alors la tête de l’eau. S’ensuivent alors de nombreux titres. Malheureusement pour lui, l’aventure Squaresoft s’achève en 2001 avec l’échec grandissant de Final Fantasy : les Créatures de l’Esprit. La même année, notre personnage revient et créé sa propre société, Mistwalker. Sakaguchi repart alors sur de nouvelles bases et nous livre aujourd’hui sa première production, Blue Dragon…

Si Sakaguchi est aux commandes de ce titre, il n’est pas le seul atout de Blue Dragon. En effet, le réalisateur/producteur a su s’entourer d’une équipe de pointures, chacune dans son domaine. Ainsi, pour la musique, on retrouve Nobuo Uematsu, également ancien employé de Squaresoft, qui a créé sa propre firme, Smile Please. Autre pointure, Akira Toriyama au poste de Designer et de Character Designer. Ce dernier n’est autre que le Papa de Dragon Ball mais il a aussi participé à des jeux comme Tobal, Chrono Trigger et Dragon Quest. L’équipe de développement de Blue Dragon est donc très renommée et avec ces bonshommes-là aux manettes, on ne pouvait s’attendre qu’à un hit en puissance. Mais…

Les premiers instants de l’histoire de Blue Dragon prennent place dans le village de Talta. Ce village est chaque année la proie d’un requin des sables. Aussi régulier qu’un métronome, le requin des sables attaque une nouvelle fois cette année. Les habitants de Talta sont alors contraints de se réfugier sur des hauteurs afin d’échapper à la fureur de l’ignoble créature. Ignoble, le mot est faible, car le monstre est responsable de la mort de Shu, Kluke et Jiro. Le premier, âgé de 16 ans, est aussi le héros du jeu. Orphelin, il est sous la garde du Docteur Fushira. Kluke est l’une de ses amis. Egalement âgée de 16 ans, elle partage avec Kluke son statut d’orpheline. Jiro, enfin, est le dernier de la bande. Lui aussi est orphelin et partage les bancs de la même école que Kulke. Nos trois compères, adolescents fougueux, ont cette année décidé de mettre fin à ce carnage annuel. Malheureusement (et parce qu’il faut bien que l’aventure commence), tout ne va pas se passer aussi bien que ce qu’ils avaient planifié. Ainsi, Kluke, Jiro et Shu vont se retrouver sur la forteresse volante de Néné, le grand méchant du jeu dont le nom fait rire dans les chaumières, tant il est ridicule. Bref, Néné s’est associé la puissance d’une civilisation passée détentrice d’un pouvoir magique menaçant le monde… Voilà pour l’histoire de Blue Dragon, qui ne brille pas réellement par son originalité.

Après le fond, passons à présent à la forme. Précisons tout d’abord que si le scénario a été réalisé sous la responsabilité de Sakaguchi et des équipes de Mistwalker, la programmation du jeu a été confiée aux équipes d’Artoon, les lignes de code n’étant pas encore la panacée du studio du papa des Final Fantasy. Au niveau de la réalisation, on constate dès les premiers instants (et dès que l’on pose les yeux sur la jaquette) que le père de l’immense saga Dragon Ball se cache derrière le chara-design. En effet, ce célèbre mangaka, si ce n’est le plus célèbre, possède un style qui lui est propre et dont il ne peut se détacher : certains personnages du jeu ressemblent d’ailleurs étrangement à ceux de Dragon Ball. Legolas en est le meilleur exemple : très peu de choses le différencient de Mr. Satan qui apparaît à partir du 173ème épisode de DBZ. Cette ressemblance se remarque également dans les différentes tenues vestimentaires. Ca n’est certes pas un mal, mais un peu plus d’originalité n’aurait pas été malvenue. Pour en venir à la réalisation en elle-même, cette dernière s’avère assez décevante, la XBox 360 permettant des graphismes nettement supérieurs à ceux qui nous sont proposés ici. C’est mignon, joli à regarder, mais c’est souvent beaucoup trop vide. Les environnements sont pauvres, les détails trop peu nombreux. Choix des développeurs de proposer un univers épuré ou équipe de développement n’exploitant pas l’ensemble de ces capacités, cette question restera en suspend. C’est d’autant plus étonnant que Sakaguchi nous avait habitué à mieux, chaque nouveau Final Fantasy étant une claque visuelle (bien que le XII ne soit pas une franche réussite – simple avis personnel). Cependant, si le tout est assez simple, cela confère au jeu une unicité, une cohérence du début à la fin de l’histoire. Le jeu est ponctué de cut-scenes et cinématiques très agréables reprenant le moteur du jeu, ce dernier étant en temps réel. La réalisation, sans être exceptionnelle, est donc particulièrement réussie, bien que le moteur du jeu souffre parfois, des ralentissements se faisant sentir, et que les temps de chargement soient trop longs.

Musicalement, le jeu se devait de tenir ses promesses. Avec des compositions de Nobuo Uematsu, les joueurs pouvaient être assurés de bénéficier d’une bande sonore de qualité. Certaines mélodies sont ainsi à tomber parterre, tant elles sont excellentes. Pour les plus avancés dans le jeu, et en particulier ceux qui ont terminé l’aventure, la musique du combat ultime reste dans les mémoires, tant l’intensité est présente via les guitares électriques et les orgues, le tout accompagné de chœurs. Magistral ! De même, tout aussi bon, la musique accompagnant les luttes contre les boss : le style métal convient parfaitement à ces passages. Pour information, sachez que le chanteur que l’on entend n’est autre que Ian Gillan, issu du groupe Deep Purple, une pointure, lui également. Cependant, tout n’est pas d’aussi bonne facture et la bande-son reprend parfois des airs connus, piochant parfois allègrement dans la série des Final Fantasy. Uematsu effectue donc un bon travail, même s’il semble ne pas s’être donné à fond. Autre point important de la bande-son, le doublage. Autant prévenir de suite, les voix japonaises sont bel et bien présentes dans le jeu. Le joueur peut ainsi choisir entre un doublage en français, anglais ou nippon. Quelque soit le choix que le joueur effectue, il est toujours possible de changer en cours de partie via l’écran de sauvegarde. Cette option s’avère tout simplement indispensable. En effet, lors de la première partie, j’ai choisi un doublage français. Quelle déception ! Si un seul mot devait qualifié les voix françaises et leur interprétation, ce serait catastrophique ! Heureusement, dès la première sauvegarde, la possibilité de changer les voix est disponible. Sautant sur l’occasion, le doublage japonais fut le suivant sur lequel je me suis jeté : dynamique, prenant, bien joué, celui-ci s’avère vraiment réussi, à croire que les doubleurs français ne prennent pas au sérieux leur travail lorsqu’il s’agit d’un jeu vidéo…

Niveau jouabilité Blue Dragon est un jeu qui se veut accessible. Ainsi, la difficulté est très raisonnable. Bien sûr, il faudra parfois augmenter ses niveaux en combattant des ennemis sans avancer dans le jeu, mais que serait un RPG sans le fameux level-up ? Cela rallonge aussi la durée de vie qui n’en avait cependant guère besoin, les trois disques du jeu étant particulièrement bien remplis. L’aventure repose sur une quête principale que l’on peut quitter à tout moment pour rechercher des coffres. Le système de combat est bien pensé et le joueur peut éviter les ennemis qu’il ne souhaite pas affronter. Ces derniers sont en effet apparent lors des déplacements des joueurs. Les combat se déroulent au tour à tour, une barre d’action déterminant l’ordre dans lequel les personnages passent à l’attaque. Les possibilités lors des combats sont importantes bien que classique : attaques de face, dans le dos, sélection d’un groupe d’adversaires à combattre, utilisation d’objets et, bien entendu, le pouvoir des ombres. En effet, tout au long du périple des personnages, ces derniers vont récupérer des sphères. Ainsi, chaque perso peut choisir d’améliorer ses performances dans un registre comme assassin, maître épéiste, mage blanc, mage noir etc… L’une de ces compétences est d’ailleurs le fameux « Dragon Bleu » de Shu.