Test Anno 1503 : Le nouveau monde

Test Anno 1503 : Le nouveau monde


Plus de quatre ans se sont écoulés depuis qu’ANNO 1602 a charmé des millions de joueurs et plus particulièrement les amoureux des jeux de gestion d’empires. Ces mêmes fans étaient dès lors en droit de s’attendre à une suite d’exception… Et bien, ils ne risquent pas d’être déçus du voyage avec ANNO 1503 ! Car si, dans la forme, il se montre légèrement en retrait vis-à-vis des productions actuelles, il jouit par contre, dans le fond, d’une richesse que les économistes en herbe ne manqueront pas de remarquer.

ANNO 1602, Le Vieux Monde ?

En voyant ANNO 1503, on aurait tendance à penser qu’entre lui et son prédécesseur les différences sont infimes. Mais on serait en fait bien loin de la réalité ! Car cet opus propose, entre autres, des cartes 6 fois plus grandes, de nouvelles cultures et bâtiments mais aussi et surtout un côté RTS/Combat moins anecdotique que par le passé. Reste maintenant à savoir si, au final, c’est une bonne chose. D’autre part, il offre un véritable mode Campagne qui, entrecoupé de jolies cinématiques, se laisse narrer avec entrain même si son scénario ne brille pas par son originalité. Et évidemment, les améliorations ne s’arrêtent pas là mais on peut d’ores et déjà dire que ce nouvel ANNO a toutes les chances de suivre la même voie que son grand frère, celle du succès…

Ancrés dans l’histoire, Max Design et Sunflowers semblent par ailleurs ne pas avoir pris part à la mouvance actuelle qui veut que Warcraft, Command & Conquer ou bien encore Sim City soient passés à la vitesse supérieure avec la 3D. Au contraire, dans le cas d’ANNO 1503, on doit se contenter de graphismes à l’ancienne. Attention toutefois, il n’y perd rien en richesse et ses immenses cartes fourmillent de petites animations qui rendent l’ensemble vivant : les gens vont à la taverne, à l’église, etc. De plus, on peut s’approcher ou s’écarter à loisir de la carte ou tourner autours d’elle. Certes, on n’a pas affaire à un véritable zoom mais en contrepartie les petites configurations sont ménagées tout comme les joueurs qui n’ont plus rien d’autre à paramétrer que la résolution (de 800 x 600 à 1280 x 1024) et le niveau de détails (Avec ou Sans) du jeu.

Les Rois du Nouveau Monde, sans comédie…

Avant toute chose, et plus particulièrement lorsque l’on découvre un jeu de stratégie/gestion, il est toujours judicieux de se laisser enseigner de façon didactique les principes de base de ce dernier via son manuel ou son mode dédié (Initiation.) Le mieux étant bien entendu de combiner les deux. Ceci dit, si l’on brûle d’impatience de se lancer dans la partie et que l’on est un habitué du genre, voire même de la série, on peut sans plus attendre s’essayer au mode Jeu Libre d’ANNO 1503 ainsi que titiller ses Scénario. Néanmoins, afin de ne pas tomber sur une carte trop compliquée dès le début, on vous indiquera le niveau de difficulté de chacune d’elles par le biais de petites étoiles. En définitive, quand on est novice, il vaut mieux être humble et commencer en douceur d’autant plus que le mode Campagne est loin d’être conseillé d’entrée de jeu…

Car même après avoir dévoré et digéré les différents rouages d’ANNO 1503, on a encore beaucoup à apprendre. Mais que cela ne vous décourage pas pour autant ! Avec un zeste de patience, de la persévérance et après avoir avancé à tâtons durant quelques heures, on a acquis assez d’expérience pour faire prospérer son Empire de manière concluante.

Les échauffements mis de côté, on passe donc aux choses sérieuses en colonisant de premières terres restées jusque là, normalement, vierges de toute civilisation. Loin d’être aisée, ce sera tout de même la Campagne qui occupera la majeure partie de votre temps avec ses 12 missions aux multiples objectifs : bâtir un édifice précis, commercer avec certaines civilisations, etc. D’ailleurs, ce sera ici que vous verrez si vous avez l’étoffe d’un bâtisseur ! Car construire sans réfléchir, sans économiser ses ressources, etc., mène, sans autre forme de procès, de l’apogée à la déchéance. Enfin, c’est apparemment le prix à payer pour vivre la grande épopée qu’est ANNO 1503.

Brave New World

Au cœur d’ANNO 1503, on retrouve un système de jeu qui copie dans les grandes lignes ce que vos professeurs d’histoire, d’économie ou de géographie ont pu vous enseigner. D’abord, selon le sol sur lequel la ville est installée, les ressources ne sont pas identiques. On compte ainsi 6 zones climatiques distinctes (tempéré, tropical, polaire…) qui sont pour certaines plus propices à la culture de tabac, d’épices et ainsi de suite. Dès lors, chaque région a ses avantages et ses inconvénients, tout comme sa faune et sa flore, et, à partir de là, on doit se montrer diplomate afin d’installer un commerce maritime et/ou terrestre entre les 9 autres civilisations (Indiens, Esquimaux, Africains, Aztèques…) et soi-même. A noter que hormis les Vénitiens, les autres peuples ne vendent ni n’achètent des marchandises mais elles les troquent.

Pour cela, il est nécessaire de se doter d’infrastructures solides et d’être présent dans tous les secteurs possibles : on extrait la matière première, on la transforme en biens de consommation et enfin on la vend. Ce qui donne, à titre d’exemple, des constructions intimement liées les unes aux autres : Elevage de moutons puis Hutte de tisserand et enfin Etal de cuir et tissus. Sans oublier de passer par un marché (ou un entrepôt) pour le stockage. Celui-ci délimite en effet les territoires et forme le noyau dur du commerce et de l’économie de toutes nations. Ca peut sembler un peu compliqué de prime abord, surtout lorsqu’on sait que l’on peut établir près d’une quarantaine de chaînes de production comme celle-ci, mais avec un peu l’huile de coude ainsi que l’aide en ligne d’ANNO 1503, on a vite fait d’assimiler toutes les combinaisons. A propos de l’aide en ligne, elle permet de recueillir une pléthore d’informations en cours de partie que ce soit sur les bâtiments que l’on peut construire (plus de 130) ou sur une action précise.

A côté de cela, on retrouve une interface relativement recherchée, mais simple, qui propose un menu composé de plusieurs onglets (constructions, diplomatie et options) ainsi que des éléments comme une barre de productivité qui a pour mission d’indiquer si la zone où l’on veut construire est, par exemple, favorable à une hutte de forestiers. Grâce à elle, on évite de mauvaises surprises et on améliore le rendement de son industrie. En outre, dans l’onglet constructions, on retrouve d’autres subdivisions : bâtiments publics, places et rues, fermes et plantations, bâtiments décoratifs… En outre, il ne faut pas perdre de vu que chaque construction demande des matériaux (bois, outils, briques…) De ce fait, il est tout aussi important de gérer ses ressources avec habileté que de prévoir un minimum de réserve pour pouvoir, entre autres, construire des mines, une fonderie, etc. Dos au mur, on peut heureusement acheter des matériaux aux Vénitiens…

Le petit est en pleine croissance…

On commence dès lors avec une poignée de bâtiments à construire et une pléthore d’autres masqués par un point d’interrogation. Mais, à mesure que la ville se peuple et que les gens voient leur niveau de vie augmenté, d’autres infrastructures évoluées comme un tribunal, un théâtre ainsi que des étals pour les « riches » qui permettent d’acquérir des bijoux, des vêtements…, font leur apparition. De même, les esthètes pourront embellir leur cité avec toutes sortes d’édifices (cour décorative, tonnelle, haie…) et transformer leurs pauvres petits pionniers en colons, en citoyens, en marchands et enfin en aristocrates. Des pionniers aux colons, les maisonnettes en bois du début donneront lieux à de belles demeures abritant 15 habitants et non plus 8.

Pour améliorer le niveau de civilisation de ses ouailles, on doit s’assurer de répondre à leurs exigences sous peine de voir la ville désertée et les maisons vides s’effondrées. Ainsi, chaque bâtiment a une zone d’influence et il faut par exemple que les maisons soient dans celle d’une taverne, d’un marché, d’une église…, et inversement. Car, après une dure journée de labeur dans la mine de sel (de fer, de marbre…) fraîchement construite, les p’tits gars aiment bien dépenser leur argent à « l’Assomoir » le plus proche.

Enfin, observer ses concitoyens heureux (en cliquant sur une habitation, on voit le visage très expressif de son propriétaire) peut signifier que l’économie se porte bien puisqu’ils consomment. A ce sujet, il n’est pas toujours facile de trouver le juste équilibre entre les revenus et les dépenses. On passe en effet beaucoup de temps à jouer au funambule avec ses finances et les boulimiques de la construction seront d’ailleurs vite dans le rouge !

Et alors qu’une taverne rapporte de l’argent, les écoles ne font, quant à elles, que creuser le déficit de la ville à cause de leur coût de fonctionnement. Cependant, personne ne voudrait diriger une communauté d’abrutis, n’est-ce pas ? De plus, via celles-ci ou bien encore des universités, on peut entamer des recherches qui donnent accès, par exemple, à une caserne de pompiers. Sans elle, si un feu se déclare au cœur d’un quartier résidentiel, on se retrouve impuissant à moins de circonscrire le feu en « gommant » les bâtiments atteints. Il faut aussi se méfier de la sécheresse qui détruit les récoltes, des épidémies, etc.

Ohé ! Du bateau…

16ème siècle oblige, la navigation a une très grande importance au sein d’ANNO. D’ailleurs, se constituer une petite armada ne sera pas un luxe pour marchander avec ses voisins. A ce sujet, à l’aide d’un navire et d’un éclaireur, on a la possibilité d’explorer la carte et de partir à la recherche des populations susceptibles de bien vouloir faire du commerce. Toutefois, il ne faut pas se leurrer, certains autochtones n’aiment pas les touristes et il faudra parfois leur graisser la patte et faire preuve d’une once de diplomatie pour signer un accord commercial ou une alliance militaire avec eux. On n’a pas 36 solutions lorsque l’on souhaite établir, sans violence, des routes commerciales automatiques entre ses ports (qu’on a pris soin de disséminer sur la carte et sur des îles aux ressources différentes) et ceux du voisin. Qui plus est, la vie en autarcie apparaît comme rapidement ingérable face aux besoins des hommes qui tendent, au fil de leur ascension sociale, vers des produits de plus en plus « exotiques. »

Autrement, une bonne flotte constitue un rempart efficace contre de vilains pirates tout comme une bonne armée se révèle être un moyen rapide pour étendre ses frontières. Car parmi les nombreuses composantes à prendre en considération dans ANNO 1503, on retrouve donc l’exploration et la construction (trouver un cadre propice à son développement), le commerce et la diplomatie (s’enrichir et satisfaire ses concitoyens) mais aussi, et il ne faut pas l’oublier, le combat !

Malheureusement, cette dernière composante est de loin la moins réjouissante et on aurait presque préféré qu’elle n’apparaisse pas dans ANNO 1503. Etant donné que son côté gestion est bien plus réussi que son côté RTS. Enfin, il a tout de même le mérite d’exister d’autant plus qu’il propose des « règles » intéressantes. Ainsi, il est conseillé d’utiliser les lanciers contre les épéistes, les épéistes contre les archers, la cavalerie contre les tireurs d’élite, etc. En tout, on dénombre plus d’une douzaine de types d’unités pour le combat dont aussi des médecins et des catapultes. Ceci dit, en temps réel et dans le feu de l’action, les batailles deviennent vites chaotiques, même si l’on met en place une formation précise, et on a tôt fait d’oublier cette hiérarchie entre les différents corps.

En fait, dans le cas d’ANNO, la construction est cent fois plus attirante que la destruction ! Fort heureusement, si l’on ne se soucie que du commerce, les autres civilisations ont tendance à suivre la même voie. Par contre, si l’on est du genre belliqueux, il ne faut pas s’étonner d’un possible retour de manivelle…

Multijoueurs, bientôt…

Dans le doute, on s’abstiendra de crier victoire trop tôt même s’il semble plus que probable que le mode multijoueurs d’ANNO 1503 soit prochainement disponible en téléchargeant, tout simplement, un patch. Cependant, la date de sortie de ce patch gratuit (encore heureux !) n’a pas encore été fixée. De plus, on ne sait pas grand chose sur lui mais soyez sûr que l’on vous en reparlera dès qu’il sera frais et dispos.

Du presque parfait!

En s’appuyant franchement sur les éléments fondamentaux qui firent le succès de son prédécesseur, ANNO 1503 parvient sans mal à donner entière satisfaction aux joueurs qui auront sué sang et eau avant de pouvoir enfin contempler leur Empire prospère. Car les possibilités offertes par ANNO 1503 sont affolantes au point qu’il faut du temps avant d’en maîtriser efficacement tous les aspects : construction, commerce, diplomatie… Par chance, son interface et ses menus sont assez clairs pour que cela devienne vite instinctif de gérer sa civilisation. Néanmoins, si au vu de ses qualités intrinsèques il ne déçoit pas, on peut en revanche regretter sa réalisation qui fait un peu vieillotte ainsi que son mode Multijoueurs qui tarde à montrer le bout de son nez ! Mais en conclusion, alors que Phileas Fogg peut toujours tenter de faire le tour du monde en moins de 80 jours, vous, vous n’êtes par contre pas prêt d’en faire de même avec ANNO 1503 !

Graphisme et Technique

Durée de vie et intérêt

Gameplay

Bande Son

Very Good!

Avis sur Anno 1503

En prenant pour référence le temps de développement d'ANNO 1503, on pouvait s’attendre à un jeu à la réalisation étonnante. Mais ce n’est pas le cas. Hormis si l’on se plonge dans ses entrailles pour y découvrir une richesse incroyable. Intégralement en français, ANNO 1503 bénéficie d’une localisation correcte et de musiques apaisantes. Toutefois elles peuvent lasser à la longue étant donné que les heures de jeu passent à une allure folle sans que l’on s’en aperçoive. Même avec toutes les cartes en main (le tutorial et le manuel), il faut un temps d’adaptation et d’expérimentions avant de comprendre toutes les subtilités derrière ANNO 1503. Mais grâce à son interface, on trouve rapidement ses marques. Les modes de jeu sont assez nombreux et la Campagne bien assez corsée pour captiver de très longue heure les fans du genre. On attend juste, avec impatience, le patch qui nous permettra de goûter au(x) mode(s) multijoueurs d’ANNO 1503.

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Positif
  • Un jeu de gestion d’une rare profondeur
  • Une interface soignée
  • De nombreux bâtiments
  • Une longue campagne
  • Des cartes immenses
Négatif
  • Une seule civilisation jouable
  • Ni de mode multijoueurs ni d’éditeur de cartes (du moins pour l’instant…)
  • Le côté « combat » peut-être superflu

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